« Il y a, chez Barbara, une musicalité dansante très fluide. »
Le lundi 5 octobre 2026
Entretien avec Benjamin Millepied, chorégraphe de Barbara, du bout des lèvres.
Barbara a-t-elle une place à part dans votre vie pour que vous lui consacriez une pièce ?
J’ai grandi à Dakar au son du sabar des cours de danse de ma mère, puis avec la chanson française, Barbara, Léo Ferré… À la maison, on écoutait tout le temps de la musique. Mon père, qui était entraîneur sportif, aimait chanter, et ma grand-mère écrivait, mes deux frères sont musiciens. L’œuvre de Barbara nous est très proche, parce qu’elle raconte des histoires de femmes, le regret, l’amour, le temps qui passe. On s’en éloigne puis on se remet toujours à l’écouter, à des moments charnières de la vie. Ses chansons sont de véritables bijoux d’écriture, aussi bien littéraire que musicale.
Les textes des chansons ont une présence très forte, est-ce une difficulté pour la danse ?
Barbara est très forte avec les mots et leur transitions et la plupart de ses chansons sont à trois ou à quatre temps, ce qui donne cet effet circulaire qui appelle naturellement la danse. Je ne me verrais pas chorégraphier Brel, par exemple, mais chez Barbara, je trouve une musicalité dansante très fluide. Ce sentiment de mouvement perpétuel, qu’on retrouve aussi chez Bach, m’inspire et suggère le mouvement. Cela me donne envie de danser tout simplement et me procure beaucoup de joie, comme dans Hop là, où elle est lumineuse et légère.
La mémoire est très présente chez Barbara. Comment la faites-vous exister sur scène ?
J’ai voulu donner à voir Barbara sur un décor blanc et lumineux, pas seulement l’entendre, incarnée par des femmes de 25 à 70 ans. J’ai intégré une vidéo d’une interview d’elle en interlude et une autre pour le final. Elle avait un visage tellement expressif qu’il aurait été dommage de l’entendre plus d’une heure sans la voir.
Un espace blanc pour la dame en noir, votre pièce est-elle une célébration ?
Oui, je trouve que ça fait du bien d’enlever ça de Barbara. Chez elle, comme chez Bach, il y a la tragédie du monde mais il y a aussi la beauté du monde, et partout, la poésie. Barbara était une passionnée de la vie. J’ai souhaité mettre beaucoup de joie dans ce spectacle, le bonheur de vivre, le bonheur de s’aimer, le bonheur d’être ensemble !
Entretien rédigé à partir de propos recueillis par Jérémy Bernède (Midi Libre) et Caroline Douteau (Le Point), par Vinciane Laumonier
Presse
« De Göttingen à Nantes, en passant par Une petite cantate, Du bout des lèvres, Drouot, Gare de Lyon et même La Marche nuptiale (piquée joliment à Brassens), en 24 titres ce voyage dans le répertoire de Barbara nous rend tout à la fois joyeux, nostalgiques, ou amoureux. »
Resmusica, Franck Giroud – 25 avril 2026