Une maison ouverte sur le monde
Une maison ouverte sur le monde
Une maison ouverte sur le monde
Une maison ouverte sur le monde

Qu’est-ce qu’être Normand aujourd’hui ? Comment nos héritages culturels et patrimoniaux ont-ils façonné nos paysages, dessiné nos façons d’être comme nos quotidiens ?
En choisissant de célébrer l’an prochain le Millenium 2027 – année européenne des Normands, 1 000 ans après la naissance de Guillaume le Conquérant, c’est toute une région qui se réapproprie un imaginaire pionnier et ouvert sur l’Europe, c’est tout un continent qui reprend conscience de la résonance des legs innombrables des hommes du Nord. L’Opéra Orchestre Normandie Rouen prendra toute sa part dans cette célébration, avec trois grands rendez-vous : un concert symphonique augmenté par des projections, un ciné-concert Vikings, et l’épopée de Faust en collaboration avec le Théâtre de Caen.
Car dans une époque confuse, parfois périlleuse, la puissance publique doit plus que jamais éclairer nos pas. En retraçant fièrement notre histoire pour la faire vivre et mieux la partager ; en donnant toute leur place aux arts et à la création pour animer nos âmes et choisir notre avenir.
Grâce au pacte pour la culture formé par l’ensemble des partenaires de l’Opéra, cette ambition collective s’exprime jour après jour à Rouen et dans toute la Normandie.
Dès cette rentrée, nous pourrons ainsi découvrir la première saison entièrement pensée pour faire résonner tous les timbres et les nuances de notre Orchestre réinventé. Il ne tient qu’à nous de préserver et d’élargir cet élan, à l’écoute et dans le dialogue avec celles et ceux qui font vivre la création. C’est le sens de mon engagement durable auprès des lieux de culture et de création, auprès de celles et ceux qui nous aident à penser le monde et à réunir nos imaginaires, au cœur de cette maison volontaire et résolument normande qu’est l’Opéra.
Une nouvelle saison s’y annonce, la dernière imaginée par Ben Glassberg, un directeur musical qui aura marqué notre région de sa générosité artistique, et d’une ambition partagée avec tous les musiciens et artistes passés par l’Opéra. Accompagné de nos remerciements, il passe aujourd’hui le témoin à Pierre Dumoussaud. Un visage déjà familier à de nombreux spectateurs et aux équipes de l’Opéra pour s’être engagé à nos côtés sur différents projets, à Rouen et en tournée dans la région. Cette figure majeure de la scène artistique contemporaine fait aujourd’hui le choix de s’installer durablement en Normandie. Un signal fort pour l’ambition artistique de notre région et la promesse d’une aventure créative et humaine partagée avec tous les habitants.
Hervé Morin,
Président de la Région Normandie,
Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen

Le monde se durcit. Les pouvoirs forts s’affirment, les conflits s’intensifient, et partout s’exprime une même tentation : aller plus loin, plus vite, plus fort. Ne rien céder. Ne rien limiter. Faire plier le réel.
Cette tentation n’est pas nouvelle. Elle traverse les figures de cette saison. Macbeth s’empare du pouvoir au nom d’un désir sans frein. Faust refuse les limites humaines et pactise avec l’absolu. Tannhäuser veut concilier tous les élans sans renoncer à aucun. D’autres, plus proches de nous, s’épuisent à vouloir rester jeunes, à fuir l’engagement ou à céder sans mesure au vertige du plaisir. Tous, à leur manière, éprouvent une même illusion : croire que le monde doit répondre à nos désirs. Mais le réel résiste. Et c’est dans ce point de friction que ces œuvres nous parlent avec le plus de force aujourd’hui.
Car à la démesure, l’Opéra ne répond pas seulement par la chute ou la tragédie. Il oppose aussi le rire, la distance, la dérision. Dans le jeu des apparences, des illusions et des travestissements, nos désirs s’exposent autrement : soudain ridicules, parfois touchants, toujours humains. Le rire devient alors une forme de lucidité, une manière de dégonfler ce que nos élans ont de trop absolu.
Et derrière ces excès, une autre question affleure, plus silencieuse mais essentielle : celle de la mesure dans un monde aux ressources limitées. Que se passe-t-il lorsque le désir ignore toute limite, qu’elle soit intime, démocratique, sociale ou naturelle ? En creux, ces œuvres esquissent une réponse : il n’y a pas de liberté durable sans retenue, pas d’équilibre sans attention à ce qui nous entoure.
À l’excès des ambitions, à la brutalité des rapports de force, à l’épuisement des ressources et des désirs sans limite, s’oppose ainsi une voie moins spectaculaire, mais plus exigeante : celle de la mesure et de la sagesse. Apprendre à désirer autrement. Accepter la limite non comme une défaite, mais comme une condition. Retrouver, dans la tempérance et la sobriété, la possibilité d’agir sans détruire, d’aimer sans posséder, de vivre sans s’épuiser.
L’Opéra ne propose pas de solutions. Mais il met à nu nos vertiges. Et dans un monde tenté par la démesure, il nous rappelle peut-être ceci : ce n’est pas toujours l’ordre du monde qu’il faut renverser, mais d’abord ce que nous exigeons de lui.
Changer nos désirs plutôt que l’ordre du monde.
Loïc Lachenal,
Directeur général de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen

Avec ses 1 300 places et sa grande scène de 16 mètres d’ouverture, le Théâtre des Arts est le lieu historique de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen. Inauguré en 1962, ce troisième bâtiment fut construit à quelques rues du tout premier théâtre des Arts de 1776. C’est aussi la maison rouennaise de l’Orchestre de l’Opéra, où se tiennent les concerts symphoniques ainsi que les représentations d’opéra et de danse.

Ayant retrouvé toute sa splendeur après des années de travaux, la Chapelle Corneille est confiée à l’Opéra Orchestre Normandie Rouen depuis la saison 2018–2019. Doté de 600 places, cet écrin majestueux et inspirant est celui d’une expérience unique de concerts où toutes les musiques se côtoient avec bonheur. Sa saison musicale s’ouvre à toutes les esthétiques et est le cadre privilégié pour accueillir les ensembles et artistes indépendants.