La musique transcende les barrières culturelles
Le lundi 9 février 2026
Entretien avec Lio Kuokman, chef d’orchestre de Brahms, Mozart.
Brahms est souvent perçu comme introspectif. Cette symphonie montre une autre facette. Que souhaitez-vous faire entendre ici ?
Je veux surtout rester le plus fidèle possible à la partition. Mon rôle est de transmettre le message du compositeur au public, en passant par les musiciens de l’orchestre, comme un médiateur.
Cette Symphonie s’ouvre dans une lumière paisible avant de s’élancer vers un final éclatant. Comment façonnez-vous cette montée en intensité ?
Il faut faire ressentir cette intensité croissante en créant une expérience musicale où chaque nuance est ressentie collectivement. C’est en effet une ouverture très paisible, je la vois comme un matin d’été, puis la musique devient de plus en plus riche et excitante.
Le Concerto n° 21 de Mozart est souvent perçu comme lumineux et poétique. Qu’est-ce qui vous touche le plus dans cette œuvre ?
J’aime toute la musique de Mozart ! Elle apparaît toujours pure et simple, mais elle contient tellement de profondeur et de couleurs.
Comment abordez vous ces deux styles si différents : le classicisme de Mozart et le romantisme de Brahms ? Y a-t-il un fil conducteur dans votre direction ?
Je perçois des aspects romantiques dans la musique de Mozart et des éléments classiques dans les œuvres de Brahms. C’est cette perspective qui me permet de passer d’un style à l’autre tout en restant sensible à chaque nuance.
Votre parcours vous a mené de Macao à Hong Kong, puis aux États-Unis et à travers le monde. Ces différentes cultures ont-elles modelé votre approche de la musique ?
Voyager autant m’a beaucoup enrichi. J’ai expérimenté le fait que la musique transcende les barrières culturelles et linguistiques. Elle est une forme de communication, souvent sans paroles, qui passe par ce que nous ressentons et cela est universel.
Au-delà de la musique, qu’est-ce qui vous nourrit en tant qu’artiste ?
Je dirai les voyages et les rencontres. Découvrir de nouvelles cultures et des gens différents m’inspire énormément.
On dit parfois que diriger, c’est un art de l’écoute autant que de l’autorité. Quelle est votre manière d’exercer ce rôle ?
La direction consiste à comprendre la musique du compositeur et celle des musiciens. J’adore jouer de la musique de chambre et je crois qu’au sein de l’orchestre, on doit retrouver cet esprit collectif, s’écouter, communiquer sur scène, pour que tout prenne vie ensemble.
Propos recueillis par Vinciane Laumonier
Le saviez-vous ?
À l’image de la figure de Janus, dieu à une tête mais deux visages opposés, Mozart compose coup sur coup, en l’espace de quatre semaines, deux concertos pour piano au caractère radicalement différent. Si le n° 20 en ré mineur est vif et passionné, le n° 21 en do majeur (tonalité lumineuse) est empreint de calme et de majesté.