Viens, entre dans le rêve et découvre de nouvelles choses !
Le lundi 13 avril 2026
Le lundi 13 avril 2026
Entretien avec Swan van Rechem, chef d’orchestre de Turandot, énigmes au musée.
Qu’est-ce qui vous motive à diriger cet opéra participatif ?
L’opéra est un art qui impressionne encore beaucoup de gens. Pour des raisons sociales ou culturelles, certains pensent que ce n’est pas pour eux. Le fait d’y participer change totalement ce regard : on découvre que l’opéra n’a rien d’élitiste et que c’est tout simplement magnifique !
« La direction me conduit à m’intéresser à tout : l’histoire, les arts, les relations humaines. Je ne m’y ennuie jamais ! »
En quoi Turandot est-il une belle porte d’entrée dans le monde de l’opéra pour des enfants ?
Puccini est le compositeur idéal. Sa musique est de facture très travaillée mais elle a ce pouvoir de toucher immédiatement le public, quel qu’il soit. Et Turandot est une œuvre très dépaysante. On est transporté dans la Chine impériale avec ses palais mystérieux, ses costumes somptueux, ses décors exotiques. Un univers magique comme en raffolent les enfants.
Quelles adaptations ont été mises en place ?
L’opéra dure normalement près de deux heures trente, ce qui peut être long pour un jeune public. Il est, ici, en version resserrée avec des interventions des enfants pensées pour qu’ils ne soient pas seulement spectateurs mais vraiment acteurs de cette aventure musicale.
Enfant, quelle a été votre plus grande émotion musicale ?
Je viens d’une famille de musiciens, mon père est batteur de jazz et ma mère est percussionniste. Mon frère s’est tout de suite tourné vers la musique, mais pour moi, ce n’était pas une évidence. C’est en cours de solfège, lorsque ma professeure nous a fait écouter Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, que j’ai eu un véritable choc. J’ai eu la sensation de me retrouver « chez moi » dans cette musique, comme si elle m’ouvrait un monde intérieur qui m’était destiné.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir chef d’orchestre ?
Déjà enfant, je m’amusais à diriger devant un miroir avec une baguette imaginaire ! J’ai commencé par le piano, puis la percussion qui m’a donné le plaisir de jouer en orchestre. J’ai adoré cette dimension collective. Au collège, j’ai intégré une classe CHAM puis l’Orchestre symphonique junior du Conservatoire de Lille. La direction me conduit à m’intéresser à tout : l’histoire, les arts, les relations humaines. Je ne m’y ennuie jamais !
Que souhaitez-vous dire à un enfant qui participe à cette représentation ?
Viens, entre dans le rêve, découvre de nouvelles choses. Peut-être qu’une idée, une envie de chanter ou de jouer d’un instrument naîtra en toi. Et qui sait ? Elle pourra t’accompagner bien plus loin que tu ne l’imagines.
Propos recueillis par Vinciane Laumonier
Le saviez-vous ?
L’air « Nessun dorma » (« Que nul ne dorme »), chanté par Calaf au début du troisième acte, est devenu l’une des pages les plus célèbres de l’histoire de l’opéra. C’est Luciano Pavarotti qui l’a propulsé sur la scène mondiale en l’interprétant lors du concert des Trois Ténors (avec Placindo Domingo et José Carreras) en 1990, à l’ouverture de la Coupe du Monde de football en Italie. Depuis, l’air a été utilisé dans d’innombrables films, publicités et événements sportifs.