Le salut par l’amour
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Le salut par l’amour

Le lundi 29 décembre 2025

Entretien avec Marie-Ève Signeyrole, metteuse en scène du Vaisseau Fantôme.

Quelles sources d’inspiration visuelles, littéraires ou personnelles ont nourri votre mise en scène ?
Au début du processus de création, les inspirations sont toujours nombreuses et diverses, puis il arrive un moment où, instinctivement, votre regard s’arrête sur un ouvrage, un dessin ou une photo, et, soudain, tout converge dans la même direction. Chaque création ressemble un peu à un palimpseste : les contributions de tous les membres de mon équipe se superposent et s’enchevêtrent, puis nous réalisons que chaque couche apportée est une partie du tout. Qu’on la traite de manière purement fantastique ou qu’on la fasse entrer en résonance avec le présent, l’histoire du Vaisseau Fantôme parle du passage entre deux mondes. Le passage du monde des vivants à celui des morts. Le passage de la mer à la terre. Du paradis à l’enfer. Nous avons cherché ce passage.

« Le livret pose la question du salut par l’amour, qui est une posture salvatrice et une chose rare. »

Le personnage du Hollandais fonctionnerait-il alors comme une métaphore de notre condition humaine ?
L’idée est d’envisager le Hollandais volant comme une fonction maudite qui se perpétue et traverse les âges, dans l’œuvre comme dans l’histoire de l’humanité. Nous le rapprochons de la figure du mythique Charon qui, en échange d’une obole, conduit les âmes sur sa barque à travers les eaux du Styx vers leur lieu de repos éternel, et abandonne sur les rives du fleuve infernal celles qui ne peuvent pas payer, les condamnant à une errance d’une centaine d’années. Notre passeur, lui, fait traverser la mer à des individus en quête d’une vie meilleure, prêts pour cela à payer un prix très élevé et à y laisser la vie. La communauté qui l’accueille temporairement, elle-même issue d’une migration précédente, ne le fait que par intérêt et son prétendu « paradis » s’avère lui-même être un enfer ou un purgatoire… Le Vaisseau Fantôme m’évoque le mirage d’une terre d’accueil tant espérée, d’un retour à l’amour et au foyer qui s’évapore dans les brumes trompeuses du désir de gloire et de richesse.

« Le mirage d’une terre d’accueil ». Est-ce que votre projet porte une dimension actuelle et politique ?
Ce sujet, qui fait souvent l’actualité, est malheureusement intemporel. Aujourd’hui, des passeurs albanais, sous le contrôle de mafieux kurdes, organisent le passage de Syriens, d’Afghans et d’Africains qui, bienvenus nulle part, errent et parfois meurent sur des bateaux devenus vaisseaux fantômes. Dans les années 1980, c’étaient les boat-people qui fuyaient la dictature au Vietnam, au Laos et au Cambodge sur des embarcations de fortune. En 1939, c’était le paquebot St. Louis, avec à son bord des centaines d’Allemands de confession juive, qui ne trouvaient aucun port d’accueil. Au milieu du XIXe siècle, c’étaient des centaines de milliers d’Irlandais qui rejoignaient les États-Unis pour échapper à la famine et participer à la ruée vers l’or. Et avant eux, c’étaient les Quakers anglais qui, au XVIIe siècle, bravaient l’Atlantique pour pouvoir exercer leur foi librement dans le Nouveau Monde.

Le livret pose la question du salut par le sacrifice, notamment féminin. Comment avez-vous abordé cette dimension qui peut être problématique ? Avez-vous souhaité la questionner, la détourner ?
La femme a toujours été un objet de sacrifice, volontaire ou forcé. Même si Daland cherche à assurer sa fortune en cédant sa fille au Hollandais en échange de ses richesses, il me semble que Senta choisit d’abord pour elle-même de s’unir au Hollandais, ce qui fait d’elle un personnage actif et non passif. Cette idée peut paraître démodée et naïve mais le salut par l’amour est à mon sens la réponse à une humanité déshumanisée. Senta m’est apparue, animée par la conviction d’un amour indéfectible. Ce lien indéfectible qui la lie au Hollandais, je l’identifie à un appel du sang, un instinct qui révèlerait un drame familial tenu secret et inscrirait le personnage du Hollandais dans un cycle, celui d’une famille de migrants.

Propos recueillis par Solène Souriau • octobre 2025

Le saviez-vous ?
Alors qu’il vit dans des conditions précaires à Paris, Richard Wagner esquisse en 1840 un premier synopsis du Vaisseau Fantôme en français. Même si le scénario ne convainc pas, Léon Pichet, Directeur de l’Opéra de Paris, l’achète pour une somme dérisoire et confie sa composition à Pierre-Louis Dietsh, chef de chœur de l’institution. L’opéra est créé le 9 novembre 1842 sous le titre Le Vaisseau Fantôme ou Le Maudit des mers. Wagner réalisera sa propre version de l’œuvre l’année suivante, à Dresde en 1843.

Entretien avec Ben Glassberg – Le Vaisseau Fantôme

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Le Vaisseau Fantôme – La construction du décor

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Une œuvre, une minute : Le Vaisseau Fantôme

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Entretien avec Alexandre Duhamel – Le Vaisseau Fantôme

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Accessibilité

L’Opéra accessible
L’Opéra Orchestre Normandie Rouen met tout en œuvre pour encourager et faciliter la venue des personnes en situation de handicap. Une tarification adaptée, des dispositifs d’accompagnement spécifiques et des lieux accessibles permettent une découverte de la saison dans les meilleures conditions.

Des lieux adaptés
Le Théâtre des Arts (entrée rue du docteur Rambert) et la Chapelle Corneille sont équipés de rampes d’accès et d’ascenseurs. Des emplacements spécifiques sont réservés aux personnes à mobilité réduite et leurs accompagnateurs.

Des tarifs adaptés
Une tarification adaptée permet un meilleur accueil des personnes en situation de handicap. En savoir plus.

Audiodescription
Certaines représentations sont audiodécrites en partenariat avec Accès Culture. En amont de ces rendez-vous, nous proposons une visite tactile des décors et des costumes avec l’équipe artistique. Le jour du spectacle, le programme de salle est disponible en caractères agrandis et en braille.

Loupes
Disponibles sur simple demande au vestiaire.

Gilets vibrants
Pour ressentir pleinement les vibrations d’un opéra, d’un concert ou d’un spectacle de danse, l’Opéra Orchestre Normandie Rouen met à disposition des gilets SUBPAC pour certains spectacles sur réservation.

Boucles magnétiques
Des boucles magnétiques individuelles sont disponibles sur simple demande et permettent une amplification sonore des spectacles pour les personnes bénéficiant d’une assistance auditive avec position T.

Réservation SMS
Les personnes présentant une déficience auditive peuvent réserver leurs places et leurs gilets vibrants par SMS au 07 81 15 36 09.

Séances Relax
Ces représentations proposent un dispositif d’accueil inclusif et bienveillant, pour faciliter la venue au spectacle de personnes dont le handicap peut entraîner des comportements inhabituels ou imprévisibles.

Surtitrage
Un surtitrage en français est proposé pour tous les opéras.

Parcours de découverte
En lien avec la programmation, ils sont proposés aux personnes présentant une déficience intellectuelle.

Séances en LSF
Certaines représentations sont traduites en Langue des Signes Française.

Pour tout renseignement ou réservation, nous vous invitons à nous contacter :
Angélina Prévost – Chargée des actions culturelles
07 81 15 36 09
angelinaprevost@oonr.fr

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